L’édito du Président

Pour une réforme de la politique nationale du Tourisme

On s’accorde, en France, à se prévaloir de la qualité et des retombés de notre industrie touristique. Les données affichées par la direction nationale tendent à le démontrer : En 2012 la France resterait la première destination touristique du monde ; les activités touristiques représenteraient 7% du PIB et le solde créditeur de la balance des paiements s’élèverait à 11 Mds €….

Et pourtant, comme le souligne l’Organisation Mondiale du Tourisme, notre pays depuis ces quinze dernières années, perd inexorablement des parts de marché en Europe et dans le monde.
Cette année même, alors que les pays d’accueil touristique du sud de la Méditerranée connaissent une grande désaffection du fait des graves évènements qui s’y déroulent, notre tourisme n’a pas particulièrement brillé. (En 2012, la Portugal a connu une augmentation de fréquentation plus de 54 %), l’Espagne affiche +10% pour cette saison d’été 2013.

Depuis de nombreuses années maintenant, je combats la pensée unique qui prévaut concernant ce vaste domaine d’activités. En effet, l’affichage réitéré de nos excellents résultats en la matière ainsi que l’idée selon laquelle « le tourisme va de soi », « la France est la plus belle », « nous sommes les meilleurs du monde », ont amené au fil du temps, nos gouvernants à se désintéresser de ce secteur qui constitue pourtant un des piliers majeurs de notre économie.

Pourquoi cette conception à la fois illusoire et réductrice de notre tourisme national prévaut-elle ? Pourquoi ne lui consacre-t-on pas plus de moyens humains et financiers, alors qu’il dispose d’un très fort potentiel de croissance, que la France bénéficie d’une multitude d’atouts pour doper son développement et que tous les experts annoncent une très forte croissance du tourisme international dans les années à venir (d’1 Milliard de touristes internationaux aujourd’hui à 1,5 Milliard prévus en 2020) ?

Je pense qu’une des raisons principales de ce manque de considération, voire de cet oubli, réside dans le fait que l’on ne prend pas assez en compte tout ce que représente le tourisme.
Comme le précise l’OMT, un touriste n’est pas qu’un … vacancier. Un touriste est une personne qui séjournera plus de 24h dans un lieu autre que son environnement habituel pour quelques raisons que ce soit (vacances et loisirs, mais aussi foires, salons, congrès, séminaires, événements culturels et sportifs, rencontres professionnelles et autres…)

De ce fait, le tourisme intéresse directement une multitude de métiers qui touchent aussi bien à l’aménagement et à l’organisation du territoire, à la production touristique, la promotion, l’animation, les transports, ou encore la commercialisation.
De plus, le tourisme influe directement sur bien d’autres secteurs d’activité dont il dépend, aussi (l’agriculture, l’environnement, la culture, le sport, le commerce,…) bien au-delà de l’hôtellerie-restauration et des voyagistes.

 

Enfin, le tourisme constitue une chance pour nos exportations :
-Exportation « in situ » en accueillant sur notre sol des visiteurs étrangers.
-Exportation de nos savoir-faire, de nos équipements et de nos produits dans le monde.

C’est dire à quel point, à l’aune de la souriante mondialisation prévue dans les années à venir et, justement, du fait de cette régression constatée au plan national, il nous faut impérativement redresser la barre en nous donnant les moyens de mieux structurer notre territoire pour le rendre plus attractif et accueillant, améliorer notre promotion à l’international et mieux organiser et professionnaliser les très nombreux acteurs qui participent directement et indirectement à cet ensemble d’activités.

Comme je le professe depuis tant et tant d’années, seule une profonde réforme de la politique nationale du tourisme peut nous le permettre. Dans ces temps de restrictions budgétaires, il n’est pas question de solliciter substantiellement plus de moyens financiers. D’ailleurs, il faut noter que l’ensemble des dépenses publiques (l’Europe, les ministères, les régions, les départements, les communes et intercommunalités) représentent plus de 3 Mds € pour des actions à objet ou à impact touristiques. Encore faudrait-il que ces sommes soient allouées de façon plus pertinente et consommées sur les territoires de manière plus cohérente et efficiente.

Afin de poursuivre ma démarche d’information et de conviction sur ces thèmes en direction de nos gouvernants, des entrepreneurs mais aussi du grand public, j’ai décidé en compagnie de collègues députés et d’experts publics et privés de créer une association « Avenir France Tourisme ».
Elle rassemble des élus nationaux et territoriaux, des institutionnels, des entrepreneurs, des universitaires, tous tendus vers ce même objectif de susciter et créer un fort élan pour un tourisme nouveau.

Cette association a pour objet de :

  • RASSEMBLER, politiques, institutionnels, entrepreneurs, associatifs et universitaires ainsi que tous experts spécialisés et motivés par l’avenir de notre industrie touristique.
  • PROMOUVOIR, UNE REFORME de la politique nationale du tourisme prioritairement fondée sur, une révision des « fondamentaux » de la gouvernance et de son organisation territoriale.
  • ENGAGER UNE CAMPAGNE DE COMMUNICATION au service des décideurs politiques et économiques ainsi qu’en direction de l’opinion publique sur les fortes capacités de développement et de contribution à la croissance de notre économie touristique

Les 8 ateliers se mettent au travail :

  1. Gouvernance centrale et organisation territoriale
  2. Observation économique et statistique
  3. Formations supérieures et recherche
  4. Promotion à l’international
  5.  Intelligence stratégique
  6.  Tourisme social
  7. Tourisme Ultra marin
  8. Stratégie de développement de l’industrie touristique

J’appelle toutes celles et ceux qui seraient intéressés par notre démarche à nous rejoindre.

Jean-Michel COUVE
Président d’Avenir France Tourisme
Député du Var
contact@avenirfrancetourisme.fr