Réunion/Permanence du 13 mai 2014

Réunion/ permanence de d’Avenir France Tourisme

 

 RAPPORT DE PRESENTATION

 

 

Reprise des travaux de l’association après la période de campagne pour les élections municipales (dernière réunion le 17/12/2013)

1/ Durant ces quatre derniers mois:

 

  • Le remaniement ministériel: le Tourisme a été placé sous l’égide du ministère du commerce extérieur donc du Ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius:

 

  • Selon lui: « le tourisme est un secteur central du commerce en France »
  • Selon son cabinet: « si nous parvenons à doubler le nombre de visiteurs chinois en améliorant nos capacités d’accueil, nous réduirons de six points notre déficit de la balance commerciale avec ce pays qui s’élève à 26 milliards d’euros » (vision bien simpliste de la question).
  • Selon Manuel Valls: «il faut absolument renforcer le tourisme »
  • Selon François Hollande, « le tourisme doit être érigé en grande cause nationale » (conférence des ambassadeurs aout 2013)

 

  • Un point positif: le Gouvernement renforce de cette manière l’étude et la prospection des marchés. La libéralisation des visas pour les visiteurs chinois (Laurent Fabius) a entrainé une augmentation de 40% de la demande.

 

  • Mais :En terme de gouvernance centrale, on a délié le produit et le marché.

Que devient le volet production du tourisme (les territoires, les collectivités, les acteurs de terrain, le tourisme social, les projets développement)? Toujours sous compétence, semble-t-il, de la Sous-Direction du tourisme placée sous l’autorité de la DGCIS à Bercy.

  • Comment capitaliser sur la déclaration du président de la République?
  • « Renforcer le tourisme »: c’est quoi le tourisme? Et comment le faire?

 

 

  • Depuis, plusieurs initiatives en cours:

 

  • Les Assises du Tourisme: deux réunions ont eu lieu à Paris: 55 propositions de réformes du tourisme auraient été adressées à Sylvia Pinel le 6 février 2014: aucun compte rendu, pour l’instant.

Le 19 juin prochain devraient être présentées les conclusions des assises

  • Création d’une mission d’information tourisme à la Commission des Affaires économiques.

 

  • Travaux de la Convention tourisme de l’UMP animée par Hervé Mariton:

 

 

 

 

2/ Activités de l’AFT en 2013:

 

  1. Dates de réunions:

 

  • 16/04/2013: Réunion de préfiguration à l’Assemblée Nationale
  • 02/07/2013: Assemblée générale constituante
  • 16/07/2013: Conseil d’administration et constitution du bureau
  • 19/07/2013: Dépôt des statuts et création des Ateliers.
  • 08/10/2013: Reunion/permanence
  • 12/11/2013: Reunion/permanence
  • 10/12/2013: Reunion/permanence

 

À l’heure actuelle, cinquante membres adhérents et deux cents personnes intéressées à nos travaux.

 

  1. Les huit ateliers sont:

 

  • Gouvernance centrale et organisation territoriale
  • Observation économique et statistique
  • Formations supérieures et recherche
  • Promotion à l’international
  • Intelligence stratégique
  • Tourisme associatif à caractère social
  • Tourisme « ultramarin »
  • Projets structurants de développement touristiques territoriaux

 

  1. Réunions/permanence:

 

Le deuxième mardi de chaque mois pour faire le point sur les travaux des ateliers.

3/ Rappel de nos constats et de notre stratégie:

 

Le caractère non satisfaisant de l’évolution du tourisme français est unanimement partagé. Cette affirmation est basée sur des FAITS:

 

  • Perte de parts de marché au plan mondial (pays émergents) et au plan européen (plus grave). Exemple: en terme de recettes comptabilisées, en vingt ans, notre tourisme est passé de la deuxième à la troisième place au plan mondial pendant que l’Espagne passait de la quatrième à la deuxième place.(budget de promotion de l’Etat quatre fois supérieur)
  • Baisse de compétitivité du tourisme français :
  1. Forum économique mondial: la France passe de la troisième à la septième place.
  • Organisation mondiale du tourisme (cf. rapport Francesco Frangialli /mai 2008) perte de 2% en fréquentation, 3% en terme de recettes en 20 ans.
  • Trip Advisor: dernière enquête de réservation en ligne: Istanbul dépasse Paris.
  • Résultats 2013 médiocres (en particulier par rapport à la Suisse, l’Allemagne, l’Espagne, sans compter la Grèce…): Pas d’augmentation significative des fréquentations malgré la crise des printemps arabes. Nombreux articles de presse: « Automne 2013 morose pour l’hôtellerie parisienne » (baisse de fréquentation de sept à dix points), etc…

 

  • Parallèlement, absence de grands projets de développement, hébergements hôteliers, de loisir et à caractère social en situation très difficile (fermeture de 3500 hôtels indépendants ces dernières années)

 

Et pendant ce temps: Nous nous prévalons, toujours, d’être première destination mondiale. La DGCIS et Atout France livrent toujours, des données chiffrées surabondantes, qui semblent peu ou prou satisfaisantes mais qui sont insuffisamment fiables (cf. « chiffres clés » annuels du tourisme par la DGCIS et « Comptes satellites du tourisme 2005-2010 »)

 

 

Nos constats:

 

En fait, ce domaine du Tourisme n’est pas traité à sa juste valeur parce qu’il reste un domaine mal connu et qu’il n’est pas perçu dans sa globalité.

Il ne s’apprend pas à l’ENA, à Sciences Po et trop peu dans nos Universités.

En conséquence de quoi, au plus haut niveau de l’Etat, chacun le définit en fonction de ce qu’il en connait ou de ce qu’il imagine (les touristes ne seraient que les vacanciers, les activités touristiques se limiteraient à l’hôtellerie, la restauration, les voyages, les loisirs…)

 

Or, l’Organisation Mondiale définit le Tourisme comme « l’ensemble des activités s’adressant à toute personne qui séjourne plus d’une nuit et moins d’un an, hors de son environnement habituel et quelle que soit la raison de ce séjour ».

 

En conséquence de quoi le tourisme concerne directement ou intéresse une multitude d’acteurs et d’opérateurs œuvrant, sur quasiment tous les territoires nationaux, dans divers secteurs d’activités.

 

Le tourisme est un « TOUT », certes difficile à appréhender lorsqu’on le conçoit dans sa globalité. Il est, donc, malaisé d’en périmètrer le domaine d’intervention. D’où la tendance de n’aborder ce domaine qu’en ne ciblant qu’une des très nombreuses parties de ce tout.

 

Depuis ces dernières décennies, le tourisme a été placé successivement dans le cadre du Ministère des Transports et de l’Équipement puis de ministères dits « à part entière », puis du Ministère de l’Économie et des Finances, alors lié à d’autres portefeuilles (commerce, artisanat, PME, Services, consommation…etc.) avant d’être, maintenant, rattaché (et amputé) sous la responsabilité du Ministre des Affaires Etrangères.

En réalité, les ministres du tourisme qui se sont succédés n’ont guère pesé au sein de ces différents gouvernements face, en particulier, à Bercy. Leurs budgets d’intervention ont toujours été minimes (en baisse régulière) et leur administration réduite au fil des années (cf. Sous-Direction actuelle du Tourisme à la DGCIS).

 

Au total, notre industrie touristique manque de la considération qu’elle mériterait, et ce par défaut d’une juste conception et d’expertises appropriées de sa réalité, c’est-à-dire de ses impacts économique, social, territorial et humain. Depuis trop longtemps, au niveau central, « on gère l’existant » en tachant d’améliorer ponctuellement telle ou telle partie du TOUT mais sans jamais l’aborder dans son intégralité. Il en découle une incapacité de l’Etat d’impulser et de soutenir quelques projets de développement de portée nationale.

 

 

À noter que ce qui est vrai au plan central l’est tout autant au plan territorial où on assiste à:

 

  • Une désorganisation par incoordination des politiques engagées dans les différentes strates territoriales administratives.
  • Des surconsommations de crédits et des doublons d’actions.
  • Une insuffisante concertation avec le monde de l’Entreprise et de l’Université.
  • Un manque d’efficience et de compétitivité.

 

Le tout ne favorisant pas les destinations territoriales et ne contribuant pas de manière satisfaisante à renforcer la destination « France ».

 

 

 

 

Notre stratégie:

 

1/ Le tourisme doit être considéré (aux deux sens du terme) comme un TOUT:

 

  • Il faut ouvrir le champ d’investigation et de prospection dans des domaines concernant, à priori, d’autres secteurs d’activités (agriculture- culture- transport- commerce- industrie- éducation nationale… etc.) et qui sont placés sous compétences d’autres ministères.

 

  • Il faut inventorier les très nombreux métiers directement ou indirectement concernés ainsi que les acteurs qui les exercent.

 

  1. Faire des politiques publiques notre cible prioritaire d’exploration et de propositions. Pourquoi?:

 

  • Certes, ce n’est pas le secteur public qui pourvoit aux emplois nécessaires, mais chaque entreprise privée a besoin pour réussir et faire fructifier ses projets de développement d’un projet de « Pays », de territoire et d’une volonté politique pour les porter.

 

  • C’est la puissance publique qui fixe les règles fiscales, sociales et réglementaires qui conditionnent directement la réussite des opérateurs.

 

  1. Les gouvernances centrale et territoriale:

 

  • CENTRALE: elle doit être considérée comme le fondement premier et la condition d’une vraie réforme de la politique nationale du tourisme. En effet, elle est seule à même de créer l’impulsion nationale et de coordonner ainsi que promouvoir la destination « France » (la plus impactante au plan mondial)

 

  • TERRITORIALE: Par nature, le tourisme doit être décentralisé, MAIS IL Y FAUT:

 

  • Une déconcentration des services de l’Etat dédiés: importance des délégations régionales.
  • Une quasi-fusion opérationnelle entre Régions et Départements:
  • La Région conçoit et coordonne les politiques.
  • Le Département les met en œuvre en partenariat avec les communes et les intercommunalités.

4/ Nos propositions:

 

1/ Placer le « tout-tourisme » sous l’autorité du Premier ministre.

 

Dans le cadre d’un « Délégation interministérielle à l’organisation et la compétitivité du tourisme » animée par un Ministre du tourisme, incarnant le domaine et représentant la France à l’étranger (cf. Christian Estrosi, ministre de l’aménagement du territoire, avec la DATAR pour administration).

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faudra inventorier les moyens humains et financiers mis à disposition par chacun des autres ministères au bénéfice d’actions à objet ou impact touristique (le ministre du tourisme ne dispose que d’un budget d’intervention annuel d’environ 30M euros alors qu’en première analyse de l’ensemble des dépenses publiques évaluées par la DGCIS, s’élèveraient à environ 2MD d’euros.)

 

A noter que le caractère transversal et multisectoriel du tourisme est aujourd’hui reconnu par:

 

  • «Le document des politiques transversales » présenté au Parlement par la DGCIS dans le cadre du PLF 2014.
  • La mobilisation par le Premier trimestre de « vingt ministères » pour les travaux en cours des Assises du Tourisme.

 

  1. Articuler les politiques territoriales:

 

  • Il faut impérativement faire obligation d’une compatibilité entre des Schémas régionaux et départementaux touristiques, y incluant les perspectives et projets de développement (aménagements- tourisme social- tourisme d’affaires- pôles d’excellence rurale voire pôles de compétitivité- valorisation des patrimoines- observation économique et statistique- promotion – formations… etc.).

 

  • En concertation avec les Entreprises, les Chambres consulaires, les Organismes sociaux et les Universités.

 

  • Conditionnant leur éligibilité aux fonds des Contrats de projets Etat-Région à cette cohérence et cette intégration.

 

  1. Aborder de prime abord la réflexion et l’instruction des dossiers tourisme en se concentrant sur quelques « fondamentaux » qui cadrent, à eux seuls et conditionnent un meilleur fonctionnent de toutes les formes de tourisme:

 

  • Qu’elles soient thématiques: culturel et patrimonial, d’affaires, événementiels, de mémoire, sportif, de nature, industriel… etc.

 

  • Ou géographiques: littoral, montagne, urbain, rural, DOM-TOM… etc

 

Chacun de ces huit « fondamentaux » (cf.p2) fait l’objet d’études dans le cadre des ateliers qui leur sont dédiés.

 

Avenir France Tourisme ne peut avoir pour objet de finaliser les conditions de faisabilité de chacun de ses propositions et, encore moins, de concrétiser leur mise en œuvre. Ce devra être le rôle d’un futur Ministre du tourisme que de le faire réaliser par son administration.

 

À nous, en revanche, de convaincre de leur bien fondé. Elles sont seules à même de redonner un indispensable élan à notre industrie touristique.

Celle-ci a la chance d’être dotée d’atouts considérables et d’un très fort potentiel de développement, mais elle est, depuis trop longtemps « incarcérée » dans un système de gouvernance qui ne peut lui permettre de libérer ses énergies.

 

 

 ü Il faut cesser de limiter notre objectif à demeurer la première destination touristique au monde en terme de fréquentation

 

ü Notre ambition

 

·       Faire de la France la première puissance touristique du monde

·       Augmentation de plusieurs points du PIB en 2-3 ans

·       Accroitre notre capacité à exporter:

Notre destination,

Nos savoirs faire

Nos équipements dédiés

·       Réduire le chômage par :

Une meilleure compétitivité de nos entreprises

La lutte contre l’hyper saisonnalité

La mise en œuvre de formations adaptées à l’évolution des techniques et aux besoins des marchés