Tourisme : Fabius sur le départ

L’annonce d’un proche départ de Laurent Fabius du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International nous préoccupe.

Jamais, jusqu’alors, un ministre des Affaires Etrangères ne s’était autant intéressé à notre industrie touristique et, rarement, un ministre aura tant agi pour son développement.

Ce fut pour nous en 2014, une bonne nouvelle que d’apprendre qu’il prenait en charge la promotion du tourisme et une bonne surprise de constater, depuis, les avancés qu’on lui doit. Certes, son secrétaire d’Etat délégué, Mathias Fekl, n’a pas démérité. Il a été présent, actif, ouvert au dialogue et efficient.

Pour autant, on aura bien compris que la meilleure considération portée à ce domaine d’activités tenait surtout à l’engagement personnel de Laurent Fabius et que les mesures innovantes et accélératrices récemment mises en œuvre étaient le fruit d’une volonté clairement exprimée par ce ministre de poids promu au plus haut de la hiérarchie gouvernementale.

Aussi, si son départ se confirmait, se poserait la question du devenir de la gouvernance ministérielle du tourisme. A ce sujet, a plusieurs reprises et tout en saluant le bien fondé de ses actions, nous avions pointé l’inédite et curieuse organisation ministérielle dans ce domaine : un patron, ministre des Affaires Etrangères en charge de la « promotion du tourisme» tandis que l’administration de Bercy restait à la manœuvre pour tout ce qui concerne sa « production » ( offres, territoires, équipements …etc) A la question posée concernant le peu de cohérence d’une telle configuration, il avait répondu qu’effectivement ce schéma n’était pas très « cartésien » mais qu’étant, aussi, en charge de la coordination interministérielle, cela ne lui poserait pas de problème.

Soit. Mais en son absence, quel autre ministre, quelle autre personnalité, pourra jouer ce rôle de chef d’orchestre ? Sans doute, aucun !

Dans ces conditions, nous risquons fort de nous retrouver, demain, avec un ministre ou un secrétaire d’Etat qui n’auront ni le pouvoir ni l’autorité pour conduire une politique nationale structurante et dynamique du tourisme.

Ce qui serait fort dommageable, alors que les dernières données chiffrées de l’INSEE viennent de confirmer, à nouveau, que la France, dans ce domaine, continuait de perdre des parts de marché.

Encore une fois, pour redresser cette situation et faire bénéficier notre industrie touristique d’une politique nationale plus efficiente et pérenne, il serait indispensable que soit instauré un Ministre du tourisme à part entière, délégué auprès du Premier ministre et disposant, au plan administratif, d’une « délégation interministérielle à l’organisation et à la compétitivité du tourisme. »

C’est le projet sur lequel nous travaillons à Avenir France Tourisme. Il ne pourra être concrétisé sans une prise de conscience effective au plus haut niveau de l’Etat de l’importance de notre économie touristique. Il ne pourra être mis en œuvre sans l’affichage par le futur Président de la République et son Premier ministre de leur volonté de mobiliser, pour et par le tourisme, de nouveaux moyens au service de notre économie, de nos territoires et de leurs populations.